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Analyse faite en 1995. Internet sans maîtres ni esclaves

Contre la mythologie du catastrophisme en matière de cyberespace

Giancarlo Calciolari

Internet n’a rien a voir avec la représentation bicéphale de la différence, entre différence forte et faible, entre le cauchemar du Big Brother et le rêve utopique d’une communauté d’égaux, qui se réalisent tous les deux comme cauchemars de l’histoire.

(2.10.2001)

Internet n’a rien a voir avec la représentation bicéphale de la différence, entre différence forte et faible, entre le cauchemar du Big Brother et le rêve utopique d’une communauté d’égaux, qui se réalisent tous les deux comme cauchemars de l’histoire.

La liberté de parole fait peur à qui croit aux maîtres et aussi aux esclaves de la parole, parce qu’elle ne supporte pas le contrôle. La télécommunication ne rime pas avec domination, sauf pour les assoiffés du pouvoir, qui dénoncent la domination de l’autre pour proposer leur domination comme la dernière avant la réalisation de l’utopie.

Le catastrophisme - non seulement en matière d’Internet - se fond sur une scène primaire mythique, un Eden naturel qui aurait existé une fois pour toutes et dont il ne reste que le souvenir. La culture, l’art (la technique, selon l’étymon grec) et la science sont vues comme les causes de la corruption de l’état de nature. Cela implique la mythologie de la chute, la même qui était l’apanage d’Hitler. Egalement le nazisme en capsule de Unabomber déploie l’identique stratégie: la croisade contre la technique est faite à coups de haute technologie.

Carlo Tosin, "Totem"

A partir de la croyance dans le système maléfique, certains cherchent la réverbération du souvenir: dans les boîtes noires où l’objet tant convoité est la dernière étincelle.

Elle pourrait déclencher la puissance du soleil, la ressurgence de l’homme "naturel", qui enfin débarrassé de l’artifice pourrait vivre une heureuse vie de singe. La relation est le mode de l’ouverture des choses. Et le web, la toile, le réseau procède de la relation: il n’est pas le nouveau mode de la relation.

Le réseau est une variation technique, une nouveauté, qui tisse de façon inventive l’intersectoriel et l’international, notamment avec une mise en relief de ce dernier. Le catastrophiste, ou bien son sujet qui est le dernier homme de la planète, part de la croyance dans un despote, un tyran, un maître maléfique du réseau à abattre. Après, le dernier survivant édifiera le règne de la liberté. Ce sujet, au contraire de ce qu’il dit, n’est pas intéressé à la liberté de la parole - à laquelle participe le réseau, mais à son propre monopole: il propose sa maîtrise contre celle de l’autre.

Or, la catastrophe ne vient pas de la nouveauté (l’imprimerie, le téléphone, la télévision, l’ordinateur, Internet...): elle est le résultat du système du pouvoir de contrôle, qu’il soit exercé par le haut ou par le bas. Le catastrophiste attend la catastrophe pour se proposer comme le bon tyran, le sauver de la planète. La langue du réseau est la langue diplomatique, la langue de la télécommunication.

La langue de la paix planétaire. Et dans le spécifique, que cette langue soit l’anglais, comme autre fois le français ou le florentin, ne peut faire problème qu’aux nationalismes, un euphémisme pour dire racismes. Même parce que la langue diplomatique ne s’identifie pas complètement dans une langue nationale, mais elle est la langue dans laquelle chacun entend, en français comme en chinois. La nation, chaque nation, exige l’internationalisme et non le nationalisme.

La délimitation du réseau vient de la peur de la relation sans péage à payer au lieu commun. Mais la peur du déluge travaille les amants des programmes de mort, même de la mort blanche de la résignation.

Comment faire contre le déluge de pornographie, de nazisme, de sectes qui peut envahir Internet? Il faut limiter! Que le réseau soit illimité ou limité ce sont deux fantasmes symétriques qui évitent de se poser la question de l’art, de la culture, de la science. De la parole libre, et donc d’une éthique qui n’offre aucun appui aux marchands de déluges ni du soleil de l’avenir.

Le numérique n’échappe par à la logique de l’inconscient. L’algèbre de Boole, celle de la présence/absence, ou du zéro/un, n’échappe pas à l’arithmétique, au rythme du dispositif de vie poétique. Et l’hypertexte n’est pas une forme supérieure du texte, mais il est un mode de la recherche. Seulement la lecture restitue le texte, et aucune domination sur les matériaux peut réaliser la machine pour influencer la lecture, pour la transmission de la pensée entre inconscients, qui reste un fantasme schizophrénique à articuler.

La critique de la propriété des moyens de télécommunication, après la critique marxienne des rapports de production, est faite au nom du même principe de propriété. Ces critiques se proposent comme la nomenklatura en mesure de gérer de façon humaine le réseaux: enfin ils se présent comme les nouveau maîtres du monde, sans aucun réel intérêt pour la liberté de parole. Ce n’est pas un cas si liberté de la parole qui se borne à celle de l’information, "le droit à la liberté d’information", est le slogan des pirates informatiques (hackers).

Les puristes (les inquisiteurs de l’information de l’autre) rêvent l’information sans commerce, sans équivoque, sans publicité. Ils songent une société sans travail et sans marché: sans rêve et sans poésie, sans l’art du faire. Parce que l’art, la technique est suspecte, de Heidegger à Unabomber. Le purisme publicitaire et financier demandent bien d’autres élaborations que la dénonciation du mal de l’autre.

La métaphore du pouvoir démange l’élaboration du virtuel. Le nouvel empire de la télécommunication donne des frissons aux amants du pouvoir, même avec la sensation de la peur, qui est rien d’autre que la jouissance du pouvoir sous le masque de la souffrance. Avec Internet, le citoyen se trouve de la sorte déraciné et la communauté politique voit fondre sa représentation spatiale? Le citoyen trouve son statut non plus dans le sol, dans le sang, dans la race, dans la langue, mais dans le faire et dans le dispositif de la langue diplomatique. Et la communauté marque l’institution temporelle et non plus spatiale.

La langue diplomatique dit qu’il n’y a plus de langue fondamentale, qu’il n’y a plus de paranoïa sur laquelle fonder la palingenèse de la planète. Le virtuel accentue l’inexistence du fond. Ce n’est ni le train, ni le téléphone, ni Internet qui mettront fin aux guerres. Les guerre cessent quand s’instaure la guerre intellectuelle, lorsque la langue de la télécommunication devient langue diplomatique. Langue qui exige l’art, la culture et la science. Où l’Autre n’est pas l’ennemi mais l’hôte. Où la citoyenneté ne se fonde pas sur une représentation de l’origine, mais exige le dispositif temporel.

Réagir à la télécommunication, et à Internet qui est une nouveauté technique qui est portée par la télécommunication, revient à succomber. Chacun parlerait selon le principe du savoir, selon la langue du conflit, conflit à mener contre le conflit de l’Autre, du mal. Mais Internet est l’esprit du mal seulement pour qui voit tout corrompu, tout maléfiques.

Plutôt, la tentation sostantialiste est l’idéologie d’Internet, la tentation mentaliste, celle des visionnaires. Ceux qui voient sans écho, donc sans écoute, sans lire. Ceux qui renoncent à l’art, à la culture se disant possédés. La vision vaudrait comme possession. En d’autres termes, celle-ci est la thèse du spectacle intégral de Guy Débord, pour qui tout était substance, solide ou liquide. Marchandises spectaculaires.

Mais qui cherche à se libérer de la possession, se fonde sur une dernière vision de chose, sur l’ultime prison. Pour ainsi dire, il croit dur à sa surdité: une bribe du savoir sert comme la première pierre pour bâtir l’utopie.

La logique de possédés participe à la logique des possesseurs, et l’histoire a donné plusieurs exemples de mouvement circulaire où le dernier s’est trouvé à la place du premier et viceversa. Le fantasme d’être possédé par la machine à influencer vient d’une suspension du temps.

Ôtez le temps et l’Autre est représenté, il est supposé avoir tout ce qui vous manque. La catastrophe existe, il ne faut pas la nier. Cependant elle est sans catastrophisme. La catastrophe est une particularité du savoir: le savoir n’est pas le stock d’information mondiale, il est un effet de la phrase, de la "version", la strophê en grec.

Après la strophe, il n’y a pas la catastrophe, mais son effet, le savoir et sa lettre. Mais pour qui prend le savoir comme cause pour l’action, tout devient catastrophique. Vivre serait une catastrophe, un crime inexplicable. Il faudrait donc choisir le plus petit crime pour survivre.

Au nom du bien (le mal le plus petit), le catastrophisme prend les citoyens par des idiots, des non-éclairés par sa lumière blafarde. Lui seul, le docteur ès catastrophes, sait ce qui est bien et ce qui est mal pour les hommes (ses pantins, ses esclaves à libérer).

Le catastrophisme est puritain, moraliste, fondamentaliste. Il pratique l’autodafé pour sauver de l’impureté, de l’immoralité, du déracinement. Non seulement la main du catastrophisme a brûlé les livres de Freud, mais aujourd’hui avec l’idéologie de l’hypertexte, il peut enfin brûler les livres qui ont corrompu Madame Bovary, et proposer un happy-end où elle se réveil d’un cauchemar énigmatique. Il peut aussi ôter le livre des mains de Paul et Françoise pour les transférer de l’enfer au paradis, et tant pis pour Dante!

La parabole d’Internet ne serait-elle comme celle du tigre de la jungle d’Henry James? A un homme on prédit quelque chose de négatif, de mal, et il attend toute sa vie le bond du tigre, qui n’arrive jamais... Le sujet à la menace est le sujet à la mort cher à Heidegger.

Vivre les nouvelles technologies comme une menace vaut à survivre comme des morts effarés. Quelle substance est supposée circuler dans la toile? La matière de la parole ne circule pas: à chacun son idiome, sa logique particulière. Les services proposés par Internet entrent dans la parole, et dans sa transformation. Ainsi la quantité le long d’un itinéraire devient qualité. Ce qui est dit dans Internet est restitué dans la lecture par un autre dire.

Le contrôle extrême de l’information n’a pas empêché à l’empire soviétique de s’écrouler. Chaque nation exige l’information pulsionnelle et la communication diplomatique (son diplôme est la qualité même de la parole). Lorsqu’elle croit à la clôture informationelle, à la clôture diplomatique, à la clôture des frontières, à la segregation des femmes, elle se destine à la chute.

Et ce qui fonctionne n’est pas dû à l’idéologie de la clôture, au nationalisme, mais il fonctionne malgré l’idéologie, malgré le racisme, malgré le sexisme. Et le comble de la réussite totalitaire est sa mort: la peur de la renaissance de la culture, de l’art, de l’entreprise peut arriver jusqu’à paralyser la nation, la naissance.

Nation veut dire cela: naître. Et le nationalisme est le pire ennemi de la nation. La première renaissance a porté la première irruption des femmes dans l’occident, et aussi la révolution typographique.

La deuxième renaissance est la révolution de la parole qui porte la révolution informatique. La métaphore de la toile sans clôture indique comme essentiel non seulement le Sud, mais aussi les femmes: interlocutrices essentielles de la société artificielle, de la société virtuelle, c’est-à-dire la société qui s’appuie sur les vertus de la parole.

La toile est la combinaison des choses dans leur intersectorialité et internationalité. La toile ne peut faire peur qu’aux provincialismes et aux nationalismes. L’angelisme et le démonisme sont symétriques et poursuivent le même but de maîtrise de la planète, de la prise de pouvoir pour instaurer la hiérarchie divine.

Ce qui est un pléonasme: le terme de hiérarchie est une invention de la théologie. L’angelisme présuppose le bon phallus. Le démonisme présuppose le sceptre du mal. Les deux veulent réaliser en terre une phallophorie universelle, blanche, rouge ou noire. Toujours la loi du baton pour les imbeciles. L’étymologie d’imbecile est justemen celle de "sans baton".

L’information est pulsionnelle, elle ne voyage pas dans l’automaticisme d’un réseau à la fois divin et diabolique. Il semblerait que le dit accès à l’information puisse remplacer la culture, la machine, l’invention, la formation: enfin, cet accès à l’information remplace l’information même, le mode de la relation.

L’accès au réseau (représenté comme sommation infinie des jointures, sans séparation) remplacerait la logique des relations, en représentant la séparation, dans qui n’a pas l’accès au réseau. Le tiers exclu, dont l’algèbre de l’exclusion, du racisme, va de l’inclusion ostentatoire de l’altruisme - inclusion partielle qui est supposé totale dans l’utopie, à l’exclusion par solution finale, qui se réalise en tant que partielle.

L’idéal irréalisable et la réalisation manquée sont les deux visages de l’économie impossible de la parole. Une fois hypostatisé l’homme, commence la chasse à l’inhumain. L’altruisme se propose comme défenseur du sérail de l’inhumain, et donc il croit à son existence, tel quel l’égoïsme.

L’altruisme a horreur lorsque le supposé inhumain se trouve à inventer: il y voit une corruption de l’état de nature. Donc il s’accapare de la culture et il prescrit la nature à l’autre. Selon une telle mythologie, le bon sauvage devrait reste surtout sauvage. Le réseau est une variation technique, et la logique des idées vient tout juste de commencer à explorer l’aspect culturel.

Mais le réseau n’est pas la condition, il n’est pas la cause, ni du bien ni du mal. Donc Internet n’est pas la techno-utopie explicative et légitimante du capitalisme mondial ni l’outil qui détruira la technique (et donc aussi soi-même) pour réaliser l’utopie de la nature (qui s’appelle tribalisme).

Néanmoins par accident, ni par accident des accidents. L’accident se donne comme l’incontrôlable, comme la suite d’une tentative de contrôle. Alors, le rêve de maîtriser l’accident est le cauchemar du catastrophisme. Le réseau n’est pas spatialisable ni représentable.

La toile n’est pas tout le télos qu’il y a dans intelligence. La toile n’est pas le tissu préalable à l’entente des humains. Elle participe au malentendu. Donc la toile ne fonde pas l’intelligence.

La révolution de l’intelligence est la révolution de la parole, et la toile s’inscrit dans cette révolution. Il ne faut pas la laisser dans le déluge, hors de l’arche de la parole, et croire qu’elle véhicule la substance à consommer et son système (le consumérisme).

Croire que la toile puisse être la colle ou le ciment d’une nouvelle société revient à croire à la cité substantielle, donc la cité murée, sans mur du son, la cité de pierre construite autour du cénotaphe, la cité tombeau, nécropolis.

Prendre l’information comme base de la communication (ou bien la communication comme effet de la circulation de l’information) fonde la république des bananes et de ses sujets de fantaisie: les hommes-singes.

Il n’y a pas d’alphabétisation en ligne pour participer à la métaphore spirituelle de la "nouvelle société". Qui revendique l’accès au réseau, et pleure larmes de crocodile pour qui n’a pas d’accès, propose la même métaphore du pouvoir: sa peur et sa haine de la liberté de la parole est la même qui agite le Big Brother qu’il dénonce.

Le positif et le négatif sont irrésolubles dans une unité. En particulier, la maîtrise du négatif n’ouvre aucune voie au positif, mais vaut à survivre de négativité, donc à la sacraliser. Le positif et le négatif sont au commencement du questionnement, comme ironie, comme question ouverte de laquelle procèdent les choses.

Comment s’interroger sur le purisme technologique, qui marche ensemble avec le purisme financier, pour réaliser une qualité totale comme sommation infinie de petites quantités? Dans ce cas, la catastrophe (de Tchernobil au crack boursier) et son écriture dans la boîte noire sont là pour fonder la nécessité de ce purisme. Mais le purisme technologique n’est pas l’ennemi à abattre pour fonder une nouvelle morale, une sorte d’hyperpurisme.

Paru dans le webzine "Cybersphères", Paris, 1996.

Giancarlo Calciolari, directeur de "Transfinito.


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15.11.2017