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Heidegger, ou l’éternelle tentation gnostique

Christian Pagano
(8.03.2016)

C’est la tentation de toute pensée qui pense «naturellement » d’épouser le réel, tout le réel, et c’est là le problème, car dans cette démarche qui identifie réel et rationnel, il y a un caillou dans la chaussure qui fait mal, très mal et c’est précisément le problème du mal, sous toutes ses formes, parfaitement irrationnel. Ne pouvant pas l’expliquer on est porté alors à inventer un autre monde, où finalement le mal n’est plus ou serait éliminé. Dès lors il y a deux solutions ou bien ce monde existe déjà ailleurs mais à cela on ne peut pas y adhérer par la seule pensée, sinon avec la foi dans une révélation supposée ; ou alors ce nouveau monde n’existant pas encore, il faut le faire non plus en pensée seulement mais avec l’action : telle un utopie.

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Opera di Christiane Apprieux, 2015, terracotta patinata

Mais là il y a encore deux solutions, ou bien essayer de le fabriquer dans une pensée complice et conviviale, qui exige alors aussi une éthique qui elle suppose une dignité endogène de l’homme in-controversable, ou bien imposer le fruit de sa pensée par la force. Et là, il y une dernière différence : la pensée conviviale, qui ne se présente pas, par définition, pensée unique n’est pas en opposition avec la foi dans un autre monde, mais d’emblée complice, supposant une altérite originelle, alors que la pensée utopique purement rationaliste, n’ayant ni loi ni foi qu’en soi même, à savoir dans l’immanence, étant unilatérale, ne peut éliminer ce qu’elle estime le mal (souvent simplement la pensée de l’autre) que par la force. C’est l’événement du totalitarisme (Hannah Arendt) ou L’introduction du nazisme dans la philosophie ( Emmanuel Faye).

Husserl avait compris que son élève Heidegger n’était pas tout à fait sur la même onde de sa phénoménologie, qui se voulait simplement un retour à la chose, par l’intermédiaire d’un concept médiéval réhabilité par Brentano de l’intentionnalité de la conscience, permettant de décrire une chose telle qu’elle apparaît à un moment donné. C’est une pensée anhistorique, en quelque sorte kaïrotique : l’événement juste au moment juste. Heidegger qui venait d’une lecture biaisé de Scot, mais surtout de Hegel, introduisant le temps dans l’être et l’être dans le temps, a reproduit une nouvelle pensée idéaliste : une phénoménologie paradoxalement théosophique se révélant même, (paradoxe) une pensée onto-théologique, au sens que l’être est posé à la sommité d’un piédestal inatteignable sinon que par lui-même et quelque autres fidèles.

Il s’agit en tout cas d’une pensée profondément gnostique, tel qu’ont existé aussi dans l’histoire chrétienne, supposant trois agents : un prophète (le poète Hölderlin pour Heidegger), le philosophe interprète, étant lui-même , et le réalisateur Hitler pour ne pas le nommer et ce fut la conjonction malheureuse des trois H, mais ce dernier n’étant pas un intellectuel, on pourrait ajouter aussi les quatre H, tel le titre d’un célèbre roman, HHhH (Hitlers Hirn heisst Heydrich : le cerveau de Hitler est Heydrich.

Et ce fut un résultat qu’on n’a pas le droit d’oublier.

Le langage de l’unique

Heidegger avait bien compris, selon ses mots, que « Seule une remémoration pourrait sauver l’humanité et elle passe par un mutation du rapport avec le langage » et accomplit une vaste production de néologismes et de nouvelles significations, mais toute autours d’un maître mot, devenu le fondement de sa pensée, le Dasein la manière spécifique de l’étant humain seul à se poser la question et donc responsable du véritable être, duquel il est cependant radicalement séparé (différence ontologique) n’étant lui-même que justement un « étant » jeté là (« enfermé » dans une horizon qui n’a pas choisi) avec d’autres (indissolublement), en faute (à savoir en perpétuel déficit) seul confronté à la possibilité constante de sa propre mort. Ces caractères étant l’identification même du Dasein.

On peut supposer que Heidegger voulant, dans sa thèse, commenter un des derniers traités dit « de modis significandi », une linguistique ante litteram du moyen âge, pensant que l’auteur de ce traité (Thomas d’Erfurt) était Scot il s’est donc attaché à traduire en quelque sorte, une donnée qui se trouve exclusivement chez ce philosophe : l’haecceitas de ecce latin voilà, comme dans Ecce homo de Pilate qui tout en étant ni essence, ni substance ni autre qualité, fait qu’ une chose soit bien celle-là et pas une autre, dans sa singularité unique. La traduction allemande de ce mot va de soi Dasein, littéralement être là, s’agissant de l’existence, qu’on peut facilement décliner comme « une existence donnée » particulière de l’être humain, seul à être conscient de son être, ou en termes thomistes l’actus essendi, l’acte d’être.

Heidegger donna au Dasein, tous les divers sens abscons cités, ayant voulu même le traduire en français avec « être-le-là » qui n’est pas plus clair, mais jamais être soi parce que autre, ou grâce à l’Autre, la différence ontologique ne permettant pas de dire quoique ce soit en ce sens, ce qui pourtant donnerait justement le seul sens possible. Heidegger paraît ignorer aussi les sens du Kairos biblique indiquant une événement opportun dans un moment opportun, là où être et sens se rencontrant dans un temps et un espace donné, un « là » à la fois temporel et spatial, qualifie comme une note musicale, les êtres du monde.

Finalement le mot Dasein, paraît plus clair chez... Scot qui refusant la doctrine appelée hylé-morphisme d’Aristote, laquelle limitant tous les êtres à une matière + forme est insuffisante pour exprimer une singularité, car la matière est par définition indéterminée, et la forme toujours universelle (la blancheur est supposée être la même universellement) ; refusant aussi la reprise (astucieuse) par st. Thomas : materia signata quantitate » à savoir une matière chiffrée (comme les détenus en prison), Scot eu le besoin d’une intervention spéciale, conforme à sa philosophie sur le primat de la volonté , un acte événementiel qui singularise tout être, introduisant dans la philosophie la reconnaissance, donc la con-science, un vrai processus musical : le ton juste au moment juste, qui forme et est formé par une mélodie, et qui ne demande pas une preuve mais d’abord l’écoute, voire un con-sentiment. L’individuation donc n’est pas question d’intelligence, mais plutôt la stupeur de la raison face à l’événement. Il n’y a pas de déduction, mais confiance. On n’accède pas à la singularité par raisonnement, mais par passion.

Le plus souvent l’identification advient dans le croisement d’un regard, « right moment in right place » ce X moment qui maintient la singularité de l’un et de l’autre, donc la possibilité d’une rencontre permanente , et la permanence d’une rencontre. Ainsi la Personne, véritable X, un Inconnu, mais connu en tant que tel, ne pouvant pas se définir par l’ensemble de ses propres donnés, remises constamment en jeu, reste cependant un enjeu complice, collectif , à chaque fois convertible comme la valeur d’une monnaie, tout en restant elle-même. L’identification n’est donc pas simplement être là ou « jeté là » (Dasein) elle se fait constamment . Si elle est donnée c’est parce que Quelqu’un originairement l’a fait. Elle donc introduit l’action mais aussi la foi en cette action, du moins dans le devenir, et par là l’ouverture à toute nouveauté, un +constamment en excès.

L’individuation alors revêt un problème qui n’a cessé de tourmenter la philosophie. Mais ce problème révèle aussi l’originalité de tout humain, qui se distingue de tout le reste du monde, étant capable justement de poser la question qui outre à l’identifier puisqu’elle est toujours personnelle, établi une Différence critique, différence paradoxale, qui n’est ni celle « ontologique » dont parle Heidegger (qui sépare l’être de l’étant) ni tout à fait celle « ontique (qui sépare les étant entre eux) mais un croisement original de deux, celle qu’on peut nommer christique puisque apparue la première fois dans la tentative du concile chalcédonien (451) de définir la personne du Christ, entièrement humaine et entièrement divine, sans confusion ni séparation. Il n’y pas d’ailleurs autre distinction possible de l’humain et dans l’humain, qui puisse se dire. Cela nous met en face d’une réalité mystérieuse toujours complice ce qui implique le paradoxe, que pour nous l’Un et toujours deux, à savoir une ouverture sinon rien : ce qui implique nécessairement un plus, à savoir la foi sinon dans un contenu précis, ou moins dans la foi elle-même.

La perspective de la foi initiale, fondatrice et inspiratrice n’a pas échappé à des scientifiques puisque B. Russell, A.N. Whitehead, L. Wittgenstein, N. Wiener mais aussi K. Gödel et A. Tarski, ont tous indiqué cette nécessité de fonder la raison dans un acte de foi initial. Heidegger pensait que Scot fut le dernier exemple d’une onto-théologie puisqu’il retenait à la différence de Thomas que l’être en tant que être n’est pas analogique mais univoque (est ou n’est pas) mais le docteur subtils n’a jamais parlé d’attribuer à Dieu, une entité ou quiddité quelconque, ni surtout, comme on vient de voir, a posé à l’être une posture dichotomique le détachant de tout étant empêchant ainsi toute communication mais aussi de pourvoir le dire (sauf à Heidegger même). Pour cela Scot a été retenu même anti-théologique (Deleuze). En fait il a cherché plus modestement dans sa pensée une harmonie originale entre trois principes :

1. La noblesse de l’homme étant celle de s’élever et distinguer avec sa question, de tout le monde environnant, mais sans pouvoir se séparer, cette question avant d’être celle de l’être, est même, en termes freudiens, un symptôme à la fois de sa contingence et d’une Altérité irréductible. Quoique mystérieuse cette différence est positive, puisque explique la distinction sans confusion ni séparation avec l’être, qui rendant compte d’une création dans l’unicité des étants (selon la termes de Heidegger) exprime une abondance créative qui ajoute de la création à la création, et s’ouvre à l’interdépendance de l’acte de foi et de l’acte de raison.

2 .En d’autres termes, Scot ne confond pas l’être ni avec avec les étants, ni avec une pensée, qui cache subrepticement le cogito cartésien, à savoir un rationalisme immanent qui peut tout expliquer mais qui n’expliquera jamais soi-même. L’individuation n’est pas réductible au monde rationnel ou des chiffres, ni peut être simplement une matière signata quantitate, le chiffre renvoyant à tout autre chiffre, donc immanent, mais d’abord un signe tout court, qui renvoie à toute autre chose que lui : à savoir l’événement expression d’une transcendance dans l’immanence même si ce n’est que dans le regard d’autrui, celui qui seul peut confirmer l’autre dans son identité.

3. Mais il y a chez Scot un autre concept qui est l’exacte contrepartie de l’haecceitas, à savoir la potentia oboedentialis de toute créature. Si on prend la racine de ce mot du latin ob ire, (aller à la rencontre) c’est une passion active et passive à la fois : une disponibilité, à cause de sa singularité aléatoire, de sa contingence, en fait de sa pauvreté même, à tout croisement identificateur, dans une rencontre où il n’y a pas de primat, mais réciprocité. C’est le contraire de la volonté de puissance : c’est la passion du sens et de la communication, qui qualifie plus que tout l’ être humain, qu’on peut traduire dans le mot allemand Sehsucht (évoquant la trilogie oriental : désir, amour et nostalgie). Une passion qui est aussi l’opposé de la sélection naturelle, non pas fondée sur le plus fort, mais le plus apte, pouvant être aussi le plus faible, aléatoire, qui est mais pouvant ne pas être, être d’une manière ou d’une autre.

Là où cette notion réapparaît de façon inattendue, c’est dans le principe quantique de Heisenberg, qui déterminant l’indétermination foncière de tout particule strictement aléatoire en soi, avant toute intervention, justifie a quel point celle-ci est nécessaire, et pourquoi des auteurs retiennent une forme de psychisme (Welten Geist) dans la matière même. Plus simplement on peut dire que les choses, se révélant tout simplement aléatoires comme des... paroles, c’est à l’homme dans sa double capacité d’articulation, de les mettre ensemble indéfiniment, leur donnant ainsi une identification. Cette espèce de « causalité endogène » pour ainsi dire, c’est la potentia oboedentialis, la disponibilité de tout être contingent à être non seulement un chiffre mais signe indiquant autre chose, pouvant se combiner indéfiniment. Ainsi ce con-sentiment : alias la passion au sens actif et passif, dernière catégorie d’Aristote, se révèle la seule à pouvoir résister à tous les artefacts humains : ce ne sera pas l’intelligence que leurs manquera, mais une passion concrète (de con-crescere) à savoir conviviale et toujours complice.

La question finale

Il y a eu toujours une lutte plus ou moins manifeste entre la pensée ternaire et binaire. On peut qualifier la première celle du signequi Peirce enseigne est toujours ternaire, un signifiant qui par la médiation d’un signifie renvoie à un référent. La pensé binaire étant celle du chiffre, qui ne renvoie qu’à une combinatoire d’autres chiffres. Heidegger avait raison disant que la science ne pense pas mais calcule et ne cherche qu’à poursuivre plus loin son calcul (sans imaginer des conséquences) Il a d’ailleurs commencé critiquant toute philosophie qui prétend partir du seul intellect, sans considérer le sentiment, étonnement, la passion etc. Mais identifiant ces passions complexes avec le seul temps, il a crée une aventure unidimensionnelle comme celle de Hegel et de Marx disant « pendant longtemps les philosophes n’ont fait qu’interprété le monde ; désormais il s’agit de le transformer » Pourquoi ? Pas de réponse. Pourtant Heidegger est un grand technicien de la question. Il distingue :

1. -Ce qui est questionné (Gefragtes) une discipline donnée

2. -ce que l’on interroge (Befragtes) une personne ou un texte

3. -ce qui est demandé (Erfragtes) par exempte: ce qu’est l’atome, la métaphysique...etc.

Manifestement, malgré cette trilogie on est toujours dans le royaume du « comment » ou qu’est ce que ? Heidegger sembleoublier le véritable pourquoi ?

Cela s’explique car pour Heidegger on ne questionne pas l’être, qui sous-entend tous nos dires et avec lequel on a aucune emprise, mais seulement l’étant. C’est là le problème. La question sur la question, le clin d’œil du transcendant inhérent à toute question même, s’impose, quoi qu’on fasse.

4. Cette question est à la fois subjective sachant que aucune question surtout métaphysique ne va sans le questionnant compris ( ses motivations, ses angoisses, ses passions souvent inconscientes ce que Freud appelle aussi les symptômes )

5. et si on peut dire objective, au sens qu’il ne faut jamais oublier le contexte, celui du cadre existentiel dans lequel le questions se posent.

Finalement la question déterminant l’être humain même, là où le binaire et le ternaire , devenant complices, alternent dissonances et harmonies comme dans la musique, est toujours...trinitaire, à savoir suppose le croisement de deux triades ou, si l’on veut , comme on vient de le dire, du 3 et du 2. En fait une question qui se veut complète compte 5 points comme les doigts d’une main, ou symboliquement comme les extrêmes de la figure du chiasme, qui selon Platon, est la figure qui fait tourner le monde.

C’est ainsi que on peut faire à la fois une science sage, et une véritable philosophie, suivant le sens de son nom, un mode d’exister authentiquement humain avec la passion d’arracher du sens aux choses. Face à l’angoisse, révélant le néant possible, à l’origine de toute négation, une pensée positive est toujours possible, car l’intermittence qui définit l’oscillation des choses, dans un rythme constant d’être et pas être, laisse des espaces où on peut se frayer un chemin où la nouveauté révèle toujours sinon un autre monde un autre mode d’existence. Et ce serait de toute façon une bonne nouvelle celle même qui indique finalement l’ouverture totale à l’être tel qu’exprimé par Heidegger même sur son lit de mort : « seul un dieu peut nous sauver ».


Christian Pagano


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26.04.2017