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Vivre en harmonie

Christian Pagano
(18.03.2015)

Existe-t-il dans l’Univers une Harmonie secrète perceptible aux hommes qui en font partie ? Comment résonne cette mélodie dans le cœur de ceux qui la cherchent? Existe-t-il dans la parole et dans le faire des hommes quelque chose qui agit en lui, avec lui, mais qui n’est pas tout à fait lui, où l’épreuve compte autant que la preuve, si tant est que l’on puisse séparer l’une de l’autre. Gustav Jung dans son autobiographie écrit : En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu’il nous voit bien différent de ce que nous croyons être.

Tout cela, en tout cas, détermine une connaissance qui n’est pas tout à fait, ou pas seulement celle de la déduction, dite scientifique, mais tout simplement la capacité d’une certaine écoute, un dialogue intérieur, voire une certaine fruition comme celle artistique fondée non pas sur une correspondance causale, mais une correspondance tout court, comme une résonance, la vibration spontanée et concomitante, qui va sous le nom d’harmoniques.

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Hiko Yoshitaka, 2007, bronze

Ces harmoniques, comme le rythme et les nombres qui l’incarnent, sont liées au mystère de l’origine de la conscience, du langage, et elles ont en quelque sorte une substance « poïétique » au sens plénier.

Du chaos à la Beauté

Enrico Fermi s’exclama un jour : il n’est pas dit dans la Bible que toutes les lois de la nature sont exprimables en termes linéaires. « Au commencement était le Verbe et le…chaos » aussi. Dès lors la création serait une progression harmonique étant en même temps une révélation permanente, et vice versa.

La relativité a éliminé l’illusion newtonienne d’un espace et un temps absolus ; la théorie quantique a supprimé le rêve d’un processus de mesure contrôlable ; le chaos élimine l’utopie de Laplace d’une prédictibilité déterministe. La théorie du chaos s’applique aussi aux choses et au formes telles qu’on les voie à l’échelle humaine, et pas aux abstractions, au repérage du même à des échelles différentes, renouant ainsi le contact avec la représentation intuitive du monde.
L’effet papillon (comme la chute d’une feuille morte) contredit l’axiome newtonien qu’étant donné une connaissance approximative de conditions initiales, on peut déterminer le comportement approximatif du système….
Après tout une solution peut consister à reconnaître qu’il n’y a pas de solution figée une fois pour toute…dans un système prédéterminé, relançant la recherche d’un autre modèle de connaissance. L’ordre même parait changeant, suivant une rythmique différentiée, par imitations successives diverses et variés (fractales) Le sujet connaissant n’est pas étranger à ces variations rythmiques : cela implique aussi pour la première fois dans la science une discipline stricte.

Ainsi, aussi surprenant que cela paraisse, le monde présente une irrégularité régulière ; le rêve pythagoricien pointe à l’horizon, puisque on passe du numérique à l’image et vice versa, réintroduisant aussi le langage de l’unique propre à la beauté dans la science. Dès lors l’urgence d’une beauté qui rime avec bonté, s’impose au fur et mesure que les techniques devenant envahissantes t nous ramènent au chaos initial.

La symbolique des nombres

C’est un fait désormais établi que le monde réel (tel qu’il existerait en dehors de la conscience) nous transcende, et nombre et rythmes sont des manifestations primitives du mouvement spontané qui constituent la conscience, mais qui n’est pas tout à fait déterminé par elles. Chaque civilisation possède ses « nombres sacrés » différemment appréciés comme quantité, mais encore comme une qualité, ayant un nom tour à tour masculin ou féminin, tous reflétant une forme d’unité, apte à créer les formes plus archétypales d’un ordre devenu conscient.
C’est seulement dans un deuxième moment qu’intervient une manipulation à l’origine de l’histoire des mathématiques qui recouvre tout le long chemin qui sépare le 1 de l’invention du 0, dont l’apogée est notre civilisation technicienne.

La symbolique numéraire se réfère surtout aux premières dix chiffres, la base numérique plus répondue de l’histoire, qui correspond aux doigts des deux mains, mais on la retrouve surtout et universellement dans les premiers cinq chiffres, ceux qui répond à un pouvoir d’identification immédiate, s’agissant dans ce cas, non seulement d’une quantité, mais une physionomie, voire un nom spécifique qui ne dépasse pas les doigts d’une main.

Le « un » symbole éminent de l’unité et de la totalité de l’être, parait ineffable. Plotin le situe à delà même de l’être. Il se retrouve diversement articulé mais en tant qu’unité cachée dans toute chose tel que dans chaque numéro suivant.

Le « deux » divise, et c’est dans la di-unité la racine proprement dite de la pensée mathématique, dit Brouwer. Mais il faut dire que l’aspect bipolaire est celui qui mieux caractérise notre esprit connaissant, qui divise le ciel et la terre, la nuit et le jour, droite et gauche, moi et toi etc. Et c’est en fait que plus nous ressentons avec intensité la tension entre les deux pôles plus nous prouvons avec force leur unité. La dualité donc est utilisée par l’inconscient comme image de la manifestation empirique de l’unité, un sorte de mariage cosmique sacré.

Le « trois » engendre une dynamique symétrique. Selon Jung « toute tension des opposés suscite un déroulement duquel nait le trois. Dans le trois la tension se dénoue en tant que l’un perdu réapparait….Le trois est donc l’Un devenu connaissable » se présentant toujours sous une forme nouvelle, signifiant ainsi selon son étymologie du latin « tres » « trans », à travers, au de-là.

Le « quatre » premier nombre non premier, complète la tetraktis de Pythagore à savoir le système décimal formé par 1+2+3+4=10. Les tentatives de conceptualisation dans l’histoire possèdent souvent un aspect quaternaire, telles que les coordonnés d’orientation, les quatre saisons, les quatre éléments cosmogoniques etc. Jung dit : la quaternité apparait dans l’histoire des symboles comme le déploiement de l’un. L’être universel unique est inconnaissable, ca il ne se distingue de rien et ne peut être comparé à rien…….Mais quand le contenu inconscient entre dans le champ de la conscience, il est déjà décomposé en quatre… il est reconnu come ceci est distingué de cela, etc.

Le « cinq » finalement est un nombre limite qui exprime la célèbre quintessence, la pierre philosophale du moyen âge, conçue non pas comme une élément s’ajoutant de nouveau, mais l’être unitaire réalisant les quatre éléments connus. En tchèque on dit 1+1 font deux, 2+2 sont 4, 2+3 est 5.

C’est à partir de là qui commence le nombre vide. Ex. les romains ne donnaient plus de nom personnel au-delà de quatre, se contentant d’appeler Quintus, Sextus etc. En orient le cinq est compris comme un quatre centré. Dès lors 5 apparaît comme la jonction complexes et paradoxale de la dualité et trinité, l’une illuminant l’autre. En effet selon le proverbe s’il n’y a pas deux sans trois car cela exige une médiété, il n’y a non plus trois sans deux, cela exigeant deux médiétés

D’autres nombres dans l’histoire ont été le reflexe « qualitatif » » d’une certaine entité telle que le 11 chez les chinois, comme le nombre du Tao signifiant l’être unitaire de décade, ou encore dans la répétition du 6 (666) comme le symbole de Satan qui s’oppose à toute bonne nouvelle.

On peut se demander alors: comment se distinguent les nombres, dont nous parlons, d’autres symboles archétypiques comme la roue solaire, l’arbre de vie, l’animal totem, l’eau de vie, le monde souterrain, le feu de l’esprit, la grande mère etc. Le nombre est un pur symbole, dont la qualité primaire et de se combiner avec tout autre symbole. Il demeure un facteur d’arrangement de l’énergie tant physique que psychique dont l’élément primaire est le rythme. Celui-ci exprime des patterns du mouvement en syntonie avec tout autre phénomène psychique, événementiel, émotionnel d’où tous les phénomènes parapsychologiques sporadiques mais tout à fait possibles. En effet chacun de nous peut faire l’expérience d’une pression inconsciente, qui nous engage parfois à faire quelque chose de vital, plein de sens, une lumière dont nous ne reconnaissons qu’à postériori la valeur positive, et donc que nous ne pouvons pas attribuer à notre intelligence en tant que telle.

Cela indique quelque part que la structure numérique coïncide avec la structure de l’univers, comme en avait l’intuition Galilée, et avant lui Giordano Bruno, dans son concept de « unus mundus » et saint Augustin avec les « rationes séminales ». Mais cela indique aussi et de façon plus pertinente, que nous sommes à la conjonction de deux principes cosmique celui de la psyché et de la matière, unis intimement et entièrement, sans confusion ni séparation. C’est une sorte de « vinculus amoris » entre l’homme et l’Univers, entre matière et esprit, conscience et inconscient, comme résonne aussi dans le cantique des quantiques : une rencontre génétique, sacrée, à l’origine de toute autre rencontre, qui révèle, tout en le cachant, le sens de l’Univers. La résonnance indique une harmonie, peut être un bonheur plus ancien, voire un amour plus profond de l’être puisque il l’a engendré.
Comme dit Jung : « sans la conscience réfléchissante de l’homme, le monde est d’une gigantesque absurdité, car l’homme, est suivant notre expérience, le seul être qui puisse en constater le sens… Puisqu’une création sans conscience réfléchissante de l’homme n’a aucun sens discernable, l’hypothèse d’un sens latent confère à l’homme une signification cosmogonique, une véritable raison d’être » (Jung, ma vie p.426), d’où l’importance croissante de l’écologie.
Ecologie humaine

Ecologie viens du grec oikos (l’habitation, maison) et logos (discours). On peut et on doit la traiter aussi bien comme le discours de la maison (environnement), que comme la maison du discours, à savoir donner la parole au « milieu » spécifique de l’homme, car si l’être humain se crée avec sa temporalité (Bergson), il se crée aussi avec sa parole et sa vision personnelle de l’espace qu’il s’approprie. Seul l’esprit sait partager sans diviser.
Face aux dangers qu’on appelle écologiques, qui non seulement menacent de plus en plus la terre, mais sont déjà en train de la dégénérer, l’aspect humain devient de plus en plus déterminant et peut unir la sensibilité de l’Occident et de l’Orient. Témoin en est la reprise des termes Ecoumène et Mésologie. Le premier était utilisé anciennement par les grecques en géographie pour désigner la partie de la Terre occupée spécifiquement par l’homme face à la terra incognita. Mésologie vient aussi du grec mesos (milieu) crée par un disciple de Auguste Compte, pour étudier en particulier les interactions des organismes avec leur milieu. Reprise récemment par l’un des pères de l’éthologie Jakob von Uexküll en biologie et le japonais Tetsurö Watsuji (1864-1944) en philosophe, la mésologie traite l’écoumène non plus comme un objet, mais comme un sujet vivant : le milieu étant ce qui donne chair à l’histoire et l’histoire, ce qui donne sens au milieu.
L’écologie en effet se présente de plus en plus sur l’horizon du savoir, non seulement comme une science, soit-elle pluridisciplinaire, mais justement un savoir au-delà du dualisme sujet-objet, nature et culture. Une refondation qui tient en un parti : reconnaître la subjectivité du vivant, dont Descartes avait fait une machine. Dès lors on introduit non plus ou non seulement un savoir, mais un savoir faire et mieux encore un savoir faire qui implique aussi un aspect moral à la dimension intergénérationnelle. Savoir viens de sel, dont une portion constituait l’ancien salaire de l’ouvrier. Il s’agit un langage éminemment pratique, des sens et du sens, voire un langage de passion qui seul reconnaît le particulier vivant comme unique, une harmonie entre modulations et modération.
On pourrait parler de l’écologique aussi à l’instar d’une Poïétique, une science pratique et une certaine pratique de la science. Cette ouroboros (figure du serpent qui se morde la queue) exprimerait le chiasme non pas de l’eternel retour, mais du retour de l’éternel, à savoir l’éternelle naissance.
Le principe de l’écologie étant que chaque être vivant est en relation continue avec tout ce qui constitue son environnement, on parle aussi d’écosystème pour caractériser une interaction durable entre des organismes et un milieu qui intéresse tout l’être et tous les êtres. Cela témoigne aussi que ce n’est pas simplement une question de complexité croissante, ni de progrès inévitable mais surtout de complicité avec les êtres que nous aimons, principe qui s’oppose à toute réduction. Il s’agit surtout de coexistence, retrouvant le sens moral de la nature et de la cité.
L’écologie met en branle les éléments que nos anciens pensaient constituer l’univers : l’air, la vie, la terre et l’eau, et en effet ils sont les constituants d’une économie parmi toutes les systèmes vivants, permettant ce qu’on appelle un développement durable.
David W. Orr présente ainsi Ecological Literacy : « Ne cherchez pas la plus importante découverte du vingtième siècle là où vous vous attendez à la trouver: dans le domaine de la science, de la médecine ou de la technologie mais dans l’éveil de la conscience au fait que la Terre a des limites et que ces limites vont affecter l’évolution de l’humanité d’une manière qu’il nous reste à découvrir. L’humanité a atteint une croisée de chemin où l’on doit choisir entre diverses catastrophes écologiques et ce que certains appellent le développement durable. Alors qu’on a accordé beaucoup d’attention à ce que peuvent faire les gouvernements, les entreprises, les agences internationales et les simples citoyens, on ne s’est guère intéressé aux actions possibles des écoles, des collèges et des universités »
Selon Jung il n’y a pas de prise de conscience sans douleur. Ainsi on peut se demander : « Qu’est-ce qui doit changer, dans la vie de tout en chacun, suite à la prise de conscience de la finitude ? Compte tenu des limites de la Terre, qu’est-ce que les gens doivent savoir en priorité et comment ? » C’est en quelque sorte le retour de la priorité de l’éducation sur le progrès, d’une certaine éthique dans la science, d’un choix de priorités, d’une politique du respect de la vie et de la coexistence humaine. Ce n’est donc pas seulement le critère poppérien de la réfutabilité qui compte en science, ni seulement un paradigme scientifique qui s’appuie sur le consensus des seuls chercheurs, mais celui de l’intégration de toutes les valeurs humaines, dans un moment où elles sont mises en danger. Pour cela l’écologie va avec une économie démocratique à savoir une véritable laïcité, qui est « donner à César ce qui est à César (l’état) et à Dieu (la nature) ce qui appartient aussi à la nature, et par là même à chacun de nous.
L’écologie n’est pas un dogme ni une doctrine générale, encore moins un culte, mais une praxis dont l’expression peut être parfois contestable. Mais reste toujours valide un autre principe : le Sabbat est pour l’homme et non l’homme pour le Sabbat, à savoir les Institutions aussi bien étatiques que scientifiques sont pour la Personne et non la Personne pour l’Institution. C’est cela que fait de tout homme un « fidele » (c’est le terme médiéval de laïc » libre de croire ou non) et qui fait des « fidèles », une société tolérante, démocratique, plurielle et si possible fraternelle, en harmonie avec la Nature. La paix étant une condition sine qua non, les guerres n’arrangent pas la nature : bien au contraire.
Les principes, alors, d’un nouveau développement, qui respecte l’homme, la nature et la paix peuvent s’exprimer ainsi :

- Responsabilité dans les modèles de production et de consommation

- Promotion modérée impliquant croissance mais aussi décroissance

- Accession universelle aux biens primaires : le droit à la santé et à la vie

- Protection de la création, liée à la solidarité intergénérationnelle

- Destination universelle non seulement des biens, mais aussi des fruits de l’activité en sorte de re-naturer la culture, re-culturer la nature par l’histoire.


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26.04.2017