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Trinité, un principe d’intelligibilité universel ?

Christian Pagano
(3.09.2014)

La Trinité, même pour ceux qui n’y croient pas, est tout simplement l’écriture symphonique de la Relation subsistante autant dire de l’Amour. Cela questionne toute philosophie fondée seulement sur l’Être ou sur l’Un. Pour s’aimer en effet il faut être deux fois deux +.
Pourquoi ? D’une part il faut deux personnes plus la relation amoureuse qui les unit, donc déjà trois. Mais ce trois est pris aussi au sens étymologique du latin trans, qui va au-delà : il s’agit d’une relation vivante qui évolue, se renouvelle, destinée donc, s’il veut exister, à se réincarner incessamment. Comme la vie, l’amour meurt quand il cesse de renaître.

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Hiko Yoshitaka, "Ternarietà, terzità, trialità"

L’élaboration du concept Dieu-Amour, qui renverse celui de Dieu tout-puissant, a été progressive. Initialement on a parlé chez les Pères grecs, à partir de l’évangile, de Dieu comme un circuit d’Amour interne aux trois Personnes divines : périchorèse. Les Latins, plus concrets, ont traduit cela par le terme circumsession, impliquant l’engagement des Personnes dans l’incarnation du Christ, de sorte qu’on peut dire que la Création et la Kénose, à savoir l’incarnation de Dieu jusqu’aux abîmes du néant, est une œuvre trinitaire :
l’Amour exporté aux créatures, pour que les créatures entrent dans le giron de la Trinité, et c’est le commencement de l’histoire.

La Trinité en effet n’est pas simplement une triade comme on en trouve dans toute tradition et notamment dans celle indo-européenne, mais une double triade permanente et évolutive qui se croise, sur un point commun qui les constitue tout en les liant, comme la figure du chiasme X, symbole du Christ, qui en grec signifie croisement. Ce croisement originel qui est et devient, éternel et toujours nouveau, vertical et horizontal, transcendant et immanent, unit trinité et incarnation, toujours ensemble, parsemant ses vestiges dans tout l’Univers.

Selon saint Grégoire de Nazanze, l’Ancien Testament proclame l’existence du Père et se met à annoncer, de manière voilée, celle du Fils; le Nouveau Testament proclame le Fils et se met à révéler la divinité de l’Esprit Saint… Dieu aurait dosé sa manifestation, l’adaptant aux époques et à la capacité de réception des hommes. En fait la révélation de la Trinité peut se résumer de manière simple et profonde dans la courte phrase de la première lettre de Saint Jean: « Dieu est amour » : la Communion entre l’Amant, l’Aimé et l’Amour reçu et donné : qu’on appelle Père, Fils et Saint Esprit, se répandant sur l’Univers entier. "En vérité, tu vois la Trinité, si tu vois l’amour", dit saint Augustin ( De Trinitate, 8, 8, 12). Et l’Amour, est comme une source mystérieuse, qui n’arrête pas de couler.

Dès lors le mystère trinitaire ne serait-il pas un principe d’intelligibilité universel ? La vérité ne serait-ce elle-même une et multiple? Voire même : une, parce que multiple et vice versa ?

La Personne humaine, en particulier, se révèle fondamentalement trinitaire. D’abord elle vient d’un amour et s’atteste dans son intimité, essentiellement, comme dialogue permanent avec un « tu », réflexe de la relation avec un autre qui la constitue en continuité. En effet on ne peut pas vivre sans un « tu », comme dit saint Augustin intimior intimo meo, plus intime que mon intimité. Elisabeth de la Trinité disait «Mon exercice est d’entrer ‘au-dedans’ de moi et de me perdre dans ceux qui sont là » Par ailleurs la Personne n’est pas l’Individu : Personne, est l’homme possible, l’Individu est l’homme réel asservi aux déterminismes cosmiques. La libération est le passage de l’homme réel à l’homme possible, une renaissance permanente de l’individu à la personne. Ainsi on peut dire avec Rimbaud : Je est un autre.

Tous les penseurs de tous les temps, à partir de Parménide, malgré leurs divergences, sont d’accord au moins sur un point : il n’y a pas et il n’y a jamais eu le néant absolu, autrement on se serait pas là pour en parler. « Ex nihilo, nihil ». Du néant ne vient rien. Donc Qui ou Quoi ? Ce Qui ou ce Quoi, n’ayant pas pu avoir commencement du néant, est forcément éternel, dans le passé et par là même dans futur. Et ici termine le consensus. Dés lors en fonction d’une réponse vont naître multiples traditions. La science privilégie le plus souvent le Quoi, ce quelque chose étant la Nature même ; les religions le plus souvent le QUI, à savoir ce qu’on nomme communément Dieu. On doit convenir que dans la tradition trinitaire, le Deus sive Natura de Spinoza, mais aussi le Tout-Autre, à savoir le Quoi et le Qui coïncident dans l’Amour justement, et c’est pour cela que l’amour est plus fort que la mort.

On reconnaît aussi à saint Grégoire, le « mérite d’avoir donné à l’orthodoxie trinitaire une formulation possible avec la distinction des deux concepts d’ousie et d’hypostase, de « substance » et de « personne », ce qui a permis le développement moderne du concept de la personne comme Relation vivante et donc toujours possible et finalement aussi l’algorithme de la matière comme Information. Ce qui n’enlève ni le mystère ni la passion du Réel.

En ce sens la Trinité, selon saint Jean Damascène, constitue, de même que dans trois soleils, contenus l’un dans l’autre, une seule lumière par compénétration intime. Métaphore solaire à part, la Trinité introduit bien aux problèmes qui hantent toute philosophie, répondant aux paradoxes qui tombent sur notre expérience: l’être qui devient, l’Un multiple, la Distinction dans l’inséparabilité, comme dans le monde quantique, où la dualité n’est jamais supprimée, l’unité jamais perdue, et enfin la liberté dans une Destinée universelle. En fait la Trinite offre une vision cohérente d’une relativité générale, qui loin d’être un relativisme, en est la seule réfutation valable, car rien ne vérifie de pouvoir détenir tout seul la vérité, ni le progrès, ni un culte, ni un système, ni une civilisation, ni une culture, ni l’innovation en soi sinon la vérité de l’Amour qui elle transforme la parole en communion, en festin consensuel et récréatif dans tout le sens du mot, comportant toujours une possible renaissance.

Enfin on peut interpréter qu’au commencement Dieu même use le pluriel, disant: « Faisons l’homme à notre image et ressemblance », l’image dont il parle n’est pas celle du Créateur, pas celle de l’Esprit qui souffle, ni celle du Verbe éternel. C’est ensemble que tout a été fait, que tout est don que tout est signe, à l’image de la Trinité.

On trouve non seulement dans la Personne, en tant que telle, mais encore dans l’Univers, de multiples évocations. Et d’abord dans le concept même de relation, dans la notion de signe qui est trinitaire par sa nature s’agissant toujours de quelque chose qui indique un lien non seulement synchronique mais encore diachronique avec autre que soi. Parmi les multiples vestiges trinitaire on peut compter aussi l’invention symphonique, à savoir le contrepoint (deux ou plusieurs mélodies ensemble) fondé sur l’accord musical formé par l’union de trois notes superposées en harmonie entre elles : l’harmonie se trouve toujours dans la Différence.

Ainsi la Trinité, révélant un Dieu immuablement unique mais jamais seul, ne vient pas simplement satisfaire un besoin de connaissance, mais d’abord une reconnaissance au sens étymologie, voire biblique, celle de naître et renaître constamment avec l’autre dans un univers qui vibre d’un infini mouvement d’amour, de réciprocité, d’échange consensuel. Cette révélation, touchant au destin non seulement de l’homme, mais encore de la création, révèle aussi la nécessité dans profond respect de la Nature, car si tout est relatif à tout, la vérité de l’amour - l’Un pour et parce que l’autre - elle se pose et s’impose toujours à tous.


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26.04.2017