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Courage

Christian Pagano
(19.03.2014)

C’est un mot qui vient du « cœur ». Le cœur pour les anciens était le siège des émotions mais aussi de la volonté. Le terme latin studium qui signifie effort, et qui a donné aussi « étude » répond assez bien à sa signification. Il se dit de quelqu’un qui ne délègue pas aux autres le soin de faire qu’il faut faire, et d’abord d’exister. C’est un rendez-vous avec soi-même face à la vie qui échappe, à l’impossible maîtrise du temps qui court, mais encore à la peur, et à la souffrance. Savoir en somme qu’il faut tenir alors que rien apparemment ne tient. Résister à toute forme de découragement.

Depuis Platon, le courage est considéré comme l’une des quatre vertus cardinales, les trois autres étant la prudence, la tempérance et la justice.
Aristote, remarquant qu’on ne nait pas vertueux, mais qu’on le devient, dit à propos du courage « C’est la première des qualités humaine car elle garantit toutes les autres ».

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Opera di Hiko Yoshitaka

Chez Spinoza le concept de courage s’exprime par le terme latin conatus : l’effort de persévérer dans son être. Il s’agit d’une stratégie dynamique, qui reste toujours à faire et à prouver. Il est lié au couple joie et tristesse. Tout facteur qui vient augmenter notre puissance d’exister provoque inévitablement en nous un affect de joie. Inversement, tout facteur réduisant notre puissance d’exister provoque immanquablement de la tristesse.

De ce fait le courage est plutôt une décision, qui va de commencement en recommencement, un art qui se démontre en le faisant comme le mouvement. A’ l’inverse d’une mode intellectuelle tendant toujours à plus de complexité, le courage est l’expression la plus simple qui soit : il suffit de passer à l’acte.
Cela donne une priorité à la volonté, ce qui a été souvent négligé au long de l’histoire de la philosophie. Le courage, au regard d’un commencement, c’est en quelque sorte le pendant opposé de l’imitation, mais qui suscite l’imitation. Le courage, en effet, donne courage. Le courageux ne cherche pas à imiter quoi que ce soit, mais il pousse néanmoins à être imité paradoxalement de façon inimitable. Autant dire libre. Il est pourvoyeur de liberté. Pour cela le courage est aussi une attitude politique : refusant toute instrumentalisation, mais reconnaissant le don de l’existence, le courage est à la base de la reconnaissance de la parole de l’autre et donc d’une civilisation communicationnelle.

La constitution démocratique d’Athènes se fondait sur trois piliers : l’iségorie (égal droit de parole dans les assemblées) isonomie (égale participation au pouvoir) et la parésie, l’égal droit, voire le courage de s’exprimer franchement dans les débats publics. Ainsi le philosophe, le politicien, l’humain est celui qui ose dire la vérité en toute circonstance. Encore faut-il qu’il accorde sa pensée à ses dires et ses dires à ces actes. L’exemplarité étant une protection contre l’entropie démocratique : le courage son gage de pérennité.

Malgré tant de recherches philosophiques sur le commencement, en tant que tel, tout se passe comme si nous ne pouvions accéder à l’origine absolue sinon par quelque chose qui est déjà là et qui se manifeste comme un évènement en forme de croisement génétique, telle une série d’opposés comme l’Un et l’être, intelligence et volonté, fini et l’infini etc.. Dès lors le courage de commencer devient aussi une attitude épistémologique : car pour saisir en quelque manière le commencement le mieux est simplement le courage de commencer. Si l’être va de soi, être soi exige le courage, être son devenir exige une décision inaugurale de chaque instant. Le courage n’est précédé de rien, n’est préparé par rien, il n’incite pas à faire, mais, paraphrasant Jankélévitch, comme une chute redressée, une fuite changée en assaut, un géotropisme transformé en lévitation aérienne, il advient à l’instant même où l’on fait : ce n’est pas parce que l’on est courageux que l’on plonge pour sauver l’enfant de la noyade, c’est parce que l’on plonge que l’on est courageux. Le courage n’a pas besoin de se dire, il fait. Il s’agit en effet de réaliser un double paradoxe celui d’imiter l’inimitable à savoir le commencement absolu, par la seule voie possible : en recommençant quelque chose, et celui de l’Amour, qui ne peut pas aimer soi même qu’en passant pour l’autre. L’un parce que l’autre.

Ce n’est pas que le courage ne connaisse pas la mélancolie, la dépression et même un certain désespoir, mais il parie sur le sens, sans lequel, le courage même n’aurait pas de sens. La seule façon de s’en assurer, là encore, c’est de faire comme avec le commencement, commencer à donner soi-même du sens à toute chose, accomplir un projet de vie. La grandeur de l’homme en effet est celle de se savoir incomplet, d’où le courage nécessaire à une démarche d’accomplissement illimité. Alors le courage devient aussi un signe d’espoir, une volonté en marche, une attitude indispensable pour tout : à chaque moment, être son devenir.


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19.05.2017