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D’une psychothérapie l’autre

Le Comité de la Berggasse
(31.08.2011)

Dans l’étrange climat de précipitation qui accompagne la consécration par l’État des psychothérapeutes, un dialogue en provenance d’un lointain passé – 1977 – est remonté à la surface. Le voici dans sa version désormais intégrale et actualisée.

« Jacques-Alain Miller – J’ai encore une chose à vous demander, qui concerne la pratique de la psychothérapie. Vous avez naguère lâché cette formule sans fard : « la psychothérapie ramène au pire ». Ça devrait impliquer qu’on ne peut à la fois se dire « lacanien » et « psychothérapeute ». Je me demande jusqu’à quel point on prend ça au sérieux, et, à dire vrai, jusqu’à quel point vous prenez au sérieux ce que vous avez dit.

Jacques Lacan – J’ai dit ça avec sérieux.

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Hiko Yoshitaka, "Le Comité de la Berggasse", 2001, cifratipo, olio su tela

J.-A. M. – Les psychothérapies, ça n’est pas la peine ?

J. L. – C’est certain, ce n’est pas la peine de thérapier le psychique. Freud aussi pensait ça. Il pensait qu’il ne fallait pas se presser de guérir. Il ne s’agit pas de suggérer, ni de convaincre.

J.-A. M. – Et en plus, il pensait que pour le psychotique, ce n’était pas possible, purement et simplement.

J. L. – Exactement.

J.-A. M. – Du coup, il nous a bien fallu contourner le problème… Oui, je dis « nous », alors il faut que je vous explique où on en est aujourd’hui, car il vous aurait été difficile de le prévoir en 1977. Charles Melman, mon rival de toujours, et moi-même, avons enfin trouvé un terrain d’entente. Nous avons inventé le nouveau sujet d’une nouvelle clinique, et maintenant nous lui appliquons la psychothérapie. Nous sommes donc d’accord sur le remède universel qu’il convient d’appliquer à ces nouveaux maux, psychose ordinaire et jouissance débridée incluses : LA PSYCHOTHERAPIE.

J. L – Mais que me dites-vous là, mon cher… Avez-vous seulement, Melman et vous, ne serait-ce que la plus minimale idée de ce qu’on appelle psychothérapie ? Quant à moi, je n’y entrave que pouic ! Et c’est d’ailleurs bien le principe, non ? Personne ne sait ce que c’est, et c’est pour ça que ça plaît… Laissez-moi quand même vous rappeler, mon petit Jacques-Alain, avant que vous ne l’oubliiez tout à fait, que la clinique psychanalytique consiste pour le sujet qui s’y engage dans le discernement des choses qui importent et qui seront massives dès qu’il en aura pris conscience. Qui ne recule pas devant cette massivité, celui-là seul occupe la place du psychanalyste et rend possible la tâche analysante.

J.-A. M. – Donc la psychothérapie serait selon vous une manière d’alléger le massif, voire de s’en exempter ?

J. L. – Absolument ! La psychothérapie, c’est une entreprise de technocrates pour sujets en mal d’emploi, vite courbés sous l’étalon des psychologues de la société existante.

J.-A. M. : Tout de même, on pourrait mettre un peu plus de plomb dans l’or, si on décide du dosage, non ? Quand j’ai dit « Tous psychothérapeutes ! », c’était pour en décider. Si on obtient de choisir les termes du titre de psychothérapeute et de son usage, ça pourrait peut-être aller ?

J. L. – Et ça ira où ? Sans le dire clairement bien des praticiens pensent : « Freud, c’est dépassé, nous autres, psychothérapeutes, nous le savons bien. » Et vous, qui prétendez incarner la légitimité de la psychanalyse aux yeux d’un État en quête de contrôle et de sécurité, vous leur emboîtez le pas. Alors, je vais vous dire : ou bien la psychanalyse se transmettra, dans sa fidélité ombrageuse à Freud, ou bien elle se réduira à l’action des psychothérapeutes qui, dans l’ensemble de la thérapeutique psychiatrique, n’auront pas plus d’importance que des maîtres-nageurs un peu supérieurs.

J.-A. M. – Ah oui, les psychothérapeutes comme MNS, maîtres-nageurs supérieurs… ou bien sauveteurs, peut-être, je ne sais plus ? Enfin, avec Melman, on a l’idée qu’il faut quand même en passer par là pour sauver la psychanalyse…

J. L. – Eh bien ! Si j’avais pu seulement imaginer que la dissolution de mon École aboutirait à une telle cohabitation… Et vous en êtes où avec la fin de l’analyse ? Normalement, la passe que j’ai inventée comme témoignage du passage de la position de psychanalysant à celle de psychanalyste, aurait dû vous maintenir en conflit pour les siècles des siècles ? Que s’est-il donc passé ?

J.-A. M – Pendant les années où j’ai siégé au Conseil de mon École, j’ai veillé à la passe, et j’ai veillé aussi à ce que le nombre des non médecins parmi nous soit balancé par un nombre égal de médecins. Ceci n’est pas pour rien dans la reconnaissance dont jouit l’École. Et, pour reconnaître, il faut être reconnu. Un médecin apporte à l’École un crédit social qu’un non médecin ne lui apporte pas, c’est ainsi. Une gestion avisée de l’intérêt de l’institution le prendra en compte. Faut-il s’étonner, s’indigner, que l’École soit réticente à admettre des non médecins et non psychologues ? Le monde a changé depuis que le charmant X recrutait le charmant Y. L’amendement Accoyer s’est imposé à nous. Toute l’Europe réglemente aujourd’hui l’activité psy sur des bases comparables. Le méconnaître serait pratiquer ce qui s’appelle la politique de l’autruche.

J. L. – L’Europe, l’Europe, l’Europe !!! Ce que je vois, c’est surtout que vous pratiquez la politique de la terre brûlée !

Charles Melman (qui écoutait à la porte et ne peut s’empêcher d’intervenir) – Docteur Lacan, je voudrais attirer votre attention sur le fait que cette politique que nous pratiquons de concert est le résultat d’un diagnostic précis : les enfants n’écoutent plus leurs parents ; les parents mènent leur vie comme ils l’entendent, changeant de partenaire sexuel comme de chemise ; le Père a disparu dans sa tombe pour ne plus revenir du tout, même sous la forme d’un fantôme… Alors face à cette fin du monde qui s’annonce, oui, nous avons décidé d’anticiper le mouvement… Et, accessoirement, de savonner la planche aux jeunes praticiens… Mais pour être tout à fait honnête, c’est surtout qu’on ne sait pas trop quoi faire d’autre !

J.-A. M – Et comme toujours, la solution vient de l’Est, où se lève le soleil : en Chine, ils ont tout compris. L’IPA a obtenu du ministère de la Santé un monopole sur l’application de la psychanalyse ! Une vraie psychanalyse d’État !

J. L. (songeur) – J’ai bien fait de ne pas m’y rendre, finalement, en Chine…

J.-A. M et C. M. (d’une seule voix) – Heureusement, ici on les a tous suffisamment inquiétés pour qu’ils demandent en masse le titre de psychothérapeute… »



Le Comité de la Berggasse



Note de l’éditeur :

Ce texte a été écrit par quelqu’un, au plus, de formation psychanalyste et qui puise ses sources dans les mêmes livres et revues que nous (et peut-être dans les mêmes rencontres). Bien que nous ne l’avons pas écrit, il semblerait écrit par nous (même le titre célinien), sauf que malheureusement notre langue française n’est pas à l’hauteur, bien que nous aurons pu nous faire aider…


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26.04.2017